Un boulon lâché en orbite basse file à près de 28 000 km/h, assez pour percer un satellite de part en part. Plus de dix mille satellites actifs tournent autour de la Terre, et les règles qui les encadrent ont été écrites en 1967, quand une poignée d'États seulement y avait accès. Macky Sall demande une gouvernance de l'espace ouverte à tous les pays qui en dépendent, et il en fait l'un des chantiers qu'il soumet aux Nations unies avec sa candidature au Secrétariat général.
L'encombrement des orbites. Le nombre de satellites a été multiplié par plus de cinq en dix ans, porté par quelques entreprises privées. Les orbites basses se saturent, et des centaines de milliers de débris y circulent à des vitesses où le moindre fragment devient une arme.
Le traité de 1967. Ce traité pose que l'espace appartient à l'humanité entière et ne peut faire l'objet d'aucune appropriation. Le texte ne dit rien des constellations privées, du trafic orbital ni de l'exploitation des ressources, que la technique rend possibles avant que le droit ne les ait prévues.
Une majorité de pays spectatrice. Les services que rend l'espace, prévisions météorologiques, communications, alertes agricoles, profitent à tous, alors que les décisions sur son usage se prennent entre ceux qui le peuplent. Un agriculteur du Sahel règle ses semis sur une image satellite qu'aucun engin de son pays n'a produite. Les pays qui dépendent de l'espace sans y lancer d'engins devraient pourtant avoir voix au chapitre sur un bien déclaré commun.
Le comité de Vienne. À Vienne, le comité des Nations unies pour l'espace réunit chaque année les États qui lancent et ceux qui regardent. Le Secrétaire général peut y attirer les opérateurs privés et faire inscrire les règles de trafic et de responsabilité à l'ordre du jour de l'Assemblée générale. Un premier acte est à portée de main, la convocation des opérateurs qui ont lancé la plus grande part des dix mille satellites en activité.
Une expérience d'État pour un bien commun. Pour ouvrir cette négociation aux pays qui regardent, le Président Macky Sall s'appuie sur douze années à la tête d'un État et sur la présidence de l'Union africaine en 2022. De la même expérience vient la forme de la vision déposée auprès des Nations Unies, dont les propositions (un développement pensé avec la paix et la sécurité, un multilatéralisme renouvelé, une Organisation mieux gouvernée) sont écrites comme des obligations.
L'Afrique au cœur, le monde en ligne de mire.
Le traité de 1967 sur l'espace extra-atmosphérique et les travaux du comité des Nations unies sur l'espace sont publics. Retrouvez l'ensemble des prises de position sur www.mackysall.net
