L'école primaire d'une commune d'Italie ou du Japon ferme faute d'élèves, quand celle d'un quartier de Dakar refuse des inscriptions faute de places. Le monde vieillit d'un côté et rajeunit de l'autre, et ces deux mouvements pèseront ensemble sur l'emploi, les retraites et la paix des décennies à venir. Macky Sall inscrit cette question au premier rang de sa candidature au Secrétariat général des Nations unies.

Un monde qui vieillit. Selon les Nations unies, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus doublera d'ici 2050 pour dépasser 1,6 milliard. Dans une large part de l'Europe et de l'Asie de l'Est, les naissances ne remplacent plus les générations, et la population active se contracte d'année en année.

L'Afrique, continent le plus jeune. L'âge médian en Afrique approche vingt ans, contre plus de quarante en Europe. Chaque année, des millions de jeunes y entrent sur le marché du travail. Ce dividende démographique enrichit une nation à condition que l'école et l'emploi suivent, et leur absence en fait une source d'instabilité.

Deux besoins qui se répondent. Les sociétés vieillissantes manquent de bras et de cotisants, quand les sociétés jeunes manquent d'emplois et de capitaux. Laissée au hasard, cette différence nourrit les tensions des deux côtés. Une coopération qui organise la formation et l'investissement, avec une mobilité encadrée, en fait une force commune.

La démographie dans les négociations. Le Secrétaire général peut donner à la démographie la place qu'elle n'occupe pas encore dans les négociations sur l'emploi et la mobilité, et réunir les pays qui vieillissent et ceux qui rajeunissent autour de programmes de formation communs. Les politiques de population resteront l'affaire de chaque État. L'instrument existe déjà : les perspectives de la population mondiale que publient les Nations unies donnent à chaque gouvernement l'état de sa pyramide des âges.

Une expérience d'État face aux deux pyramides. Pour réunir pays jeunes et pays vieillissants, le Président Macky Sall s'appuie sur douze années à la tête d'un État et sur la présidence de l'Union africaine en 2022. La même expérience a fixé la forme de la vision déposée auprès des Nations Unies, dont les propositions (un développement pensé avec la paix et la sécurité, un multilatéralisme renouvelé, une Organisation mieux gouvernée) sont écrites comme des obligations.

L'Afrique au cœur, le monde en ligne de mire.

Les perspectives de la population mondiale publiées par les Nations unies sont publiques. Retrouvez l'ensemble des prises de position sur www.mackysall.net