La candidature du Président Macky Sall au Secrétariat général des Nations unies place la lutte contre les flux financiers illicites parmi ses priorités. Chaque année, l'argent qui quitte les pays en développement par des canaux illégaux ou par l'évitement de l'impôt dépasse ce qu'ils reçoivent en aide.
Plus d'argent qui sort que d'aide qui entre. L'Afrique perd environ 88,6 milliards de dollars par an en flux financiers illicites, estime la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement dans son rapport de 2020. Cette somme, sortie par la fraude ou la fausse facturation commerciale, dépasse l'aide et l'investissement que le continent reçoit. Un pays peut lever l'impôt et voir la recette lui échapper avant d'atteindre son budget.
Des règles fiscales écrites par un club. Les normes de la fiscalité internationale se sont longtemps décidées à l'Organisation de coopération et de développement économiques, le club des pays riches. Les États qui subissent le plus l'évitement fiscal appliquent ainsi des règles qu'ils n'ont pas écrites. Une entreprise déclare ses bénéfices là où l'impôt est faible, et le pays où la valeur a été produite ne perçoit rien.
Une convention pour rééquilibrer. En 2024, les États ont engagé aux Nations unies la négociation d'une convention-cadre sur la coopération fiscale internationale. Elle déplace l'écriture des règles vers une enceinte où chaque État pèse d'une voix, et soumet à tous ce qui se décidait entre quelques-uns. La majorité des pays retrouve la main sur des recettes qui financent ses services publics.
Ce que le Secrétariat peut porter. Le Secrétaire général ne fixe pas les impôts et ne poursuit pas la fraude. Il peut soutenir la convention en cours de négociation, inscrire les flux financiers illicites à l'ordre du jour du développement, et rappeler qu'une somme détournée d'un budget public est retirée aux écoles et aux dispensaires qu'elle aurait financés.
Une expérience de la négociation multilatérale. Douze années à la tête d'un État et la présidence de l'Union africaine en 2022 fondent ces engagements. Cette expérience explique pourquoi la vision déposée auprès des Nations Unies formule ses propositions comme des obligations : une paix, une sécurité et un développement pensés ensemble ; un multilatéralisme renouvelé ; une gouvernance de l'Organisation renforcée.
L'Afrique au cœur, le monde en ligne de mire.
Le rapport 2020 de la CNUCED sur le développement économique en Afrique et la négociation de la convention-cadre des Nations unies sur la coopération fiscale internationale sont publics. Retrouvez l'ensemble des prises de position sur www.mackysall.net