La candidature du Président Macky Sall au Secrétariat général des Nations unies place l'accès aux moyens de l'intelligence artificielle parmi ses priorités. L'IA ne fonctionne pas qu'avec des idées ; elle repose sur trois ressources rares, le calcul, les données et l'énergie, aujourd'hui concentrées entre peu de mains.
Le calcul, une rareté concentrée. Les puces les plus avancées sortent d'une poignée d'entreprises, dans quelques pays. Entraîner un grand modèle demande une puissance de calcul et des sommes hors de portée de la plupart des États. Un pays peut écrire des règles pour l'intelligence artificielle et n'avoir aucun moyen de la produire.
Les données, une matière première inégale. Un modèle vaut ce que valent les données qui l'ont formé. Ceux qui en détiennent le plus façonnent les outils ; les autres fournissent la matière sans décider de son usage ni en tirer profit. Les données d'un pays servent à entraîner des outils qu'il devra ensuite louer.
L'énergie, l'autre rareté. Les centres de données consomment d'énormes quantités d'électricité et d'eau. La course à l'intelligence artificielle est aussi une course à l'énergie, et les pays qui en manquent accumulent un retard de plus. Une technologie présentée comme immatérielle pèse, très concrètement, sur les réseaux électriques.
Ce que le Secrétariat peut porter. Le Secrétaire général ne construit pas de centres de données. Il peut inscrire l'accès au calcul, aux données et à l'énergie dans la gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle, soutenir des capacités de calcul et des données partagées, et rappeler que gouverner l'IA suppose aussi d'en partager les moyens, pour que la majorité des pays ne reste pas cliente des modèles des autres.
Une expérience de la négociation multilatérale. Douze années à la tête d'un État et la présidence de l'Union africaine en 2022 fondent ces engagements. Cette expérience explique pourquoi la vision déposée auprès des Nations Unies formule ses propositions comme des obligations : une paix, une sécurité et un développement pensés ensemble ; un multilatéralisme renouvelé ; une gouvernance de l'Organisation renforcée.
L'Afrique au cœur, le monde en ligne de mire.
Le Pacte numérique mondial et le rapport « Gouverner l'IA pour l'humanité » sont publics. Retrouvez l'ensemble des prises de position sur www.mackysall.net