Un paiement part de Nairobi depuis un téléphone à touches, atteint une boutique de village en quelques secondes et n'a traversé aucune banque. Le procédé, mis au point au Kenya par des gens qui n'avaient pas de compte, a été repris à Dacca comme à Lima sans que Londres ou Washington aient eu à le valider. Le Président Macky Sall compte cette coopération entre pays du Sud parmi les engagements de sa candidature au Secrétariat général des Nations unies, parce qu'elle a pris de l'avance sur des règles qui ne l'ont pas encore rattrapée.
Le commerce entre pays du Sud. Plus de la moitié des échanges des pays en développement se font entre eux, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, soit davantage qu'avec le Nord. Ces pays trouvent dans leurs échanges des solutions que les modèles venus d'ailleurs n'avaient pas su leur donner.
Des solutions adaptées. Le paiement mobile, comme l'agriculture résistante à la sécheresse ou la santé communautaire, est né dans des pays qui manquaient de tout. Ces réponses, conçues sous contrainte, se transfèrent plus facilement entre pays placés dans les mêmes conditions.
Le plan d'action de Buenos Aires. Adopté en 1978, ce plan a posé les bases de la coopération Sud-Sud, et un bureau des Nations unies lui est consacré. Cette coopération s'ajoute à celle du Nord et donne surtout aux pays du Sud une voix commune dans les enceintes où se décident les règles.
Un siège pour le bureau Sud-Sud. Ce bureau existe depuis le plan de Buenos Aires ; il lui manque encore une place à la table où s'écrivent les règles du commerce et de la dette. Un Secrétaire général qui a présidé l'Union africaine sait ce que vaut, dans une négociation, une solution déjà éprouvée par un pays voisin. Il peut faire siéger ce bureau auprès des agences de développement et inscrire à l'ordre du jour des grandes conférences les réponses que le Sud s'apporte à lui-même. Les règles du commerce et de la dette s'écriraient alors avec les pays qui ont mis au point ces solutions, à commencer par le paiement parti de Nairobi.
L'expérience de l'Union africaine. La présidence de l'Union africaine en 2022 et douze années à la tête d'un État fondent cet engagement pour la coopération Sud-Sud. La même expérience explique pourquoi la vision déposée auprès des Nations unies formule ses propositions comme des obligations : une paix, une sécurité et un développement pensés ensemble ; un multilatéralisme renouvelé ; une gouvernance de l'Organisation renforcée.
L'Afrique au cœur, le monde en ligne de mire.
Le plan d'action de Buenos Aires de 1978 et les rapports de la CNUCED sur le commerce Sud-Sud sont publics. Retrouvez l'ensemble des prises de position sur www.mackysall.net
