En 1970, l'Assemblée générale a demandé aux pays riches de consacrer 0,7 % de leur revenu national à l'aide au développement. Plus de cinquante ans après, une poignée d'États seulement tient parole. Le Président Macky Sall veut que cette promesse redevienne une obligation, et il en fait l'un des engagements de sa candidature au Secrétariat général des Nations unies.

Une promesse vieille d'un demi-siècle. L'engagement de 0,7 % a été renouvelé à chaque grand sommet du développement. Le montant réel de l'aide plafonne autour de 0,3 %, et plusieurs grands donateurs ont annoncé des coupes qui l'abaissent encore au moment où les besoins culminent.

Le recul de 2024. Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques, l'aide mondiale a reculé cette année-là pour la première fois en cinq ans. Chaque milliard retiré se traduit en cliniques fermées et en programmes alimentaires interrompus, dans des pays qui n'ont aucun autre recours. Dans un dispensaire de district, la nouvelle arrive par une lettre qui annonce à l'infirmière que le programme de vaccination dont elle tenait le registre s'arrête à la fin du trimestre.

Une aide plus prévisible et plus juste. La qualité de l'aide compte autant que son montant. Engagée sur plusieurs années et alignée sur les priorités du pays bénéficiaire, une aide vaut davantage qu'une somme supérieure versée au gré des annonces.

Le registre des promesses. Les budgets d'aide se votent dans les capitales. Le Secrétaire général tient, lui, le registre des promesses faites devant l'Assemblée générale et des sommes effectivement versées. Il peut le publier chaque année donateur par donateur et le présenter aux chefs d'État réunis à New York pour le débat général de septembre. Les statistiques de l'OCDE, arrêtées chaque printemps, en fournissent la mesure.

L'obligation comme méthode. Faire d'une promesse une obligation suppose l'expérience de la négociation, celle de douze années à la tête d'un État et de la présidence de l'Union africaine en 2022. Cette expérience explique pourquoi la vision déposée auprès des Nations unies formule ses propositions comme des obligations : une paix, une sécurité et un développement pensés ensemble ; un multilatéralisme renouvelé ; une gouvernance de l'Organisation renforcée.

L'Afrique au cœur, le monde en ligne de mire.

Les statistiques de l'Organisation de coopération et de développement économiques sur l'aide publique au développement et l'objectif de 0,7 % sont publics. Retrouvez l'ensemble des prises de position sur www.mackysall.net