Un téléphone ordinaire, posé sur une table, envoie sa position plusieurs fois par heure à des serveurs installés sur un autre continent, sans que son propriétaire en soit averti. Les achats et les trajets laissent des traces du même ordre, tout comme les messages envoyés ; des entreprises les collectent et les revendent. Candidat au Secrétariat général des Nations unies, le Président Macky Sall entend que la protection de ces données cesse d'être le privilège de quelques régions du monde.
Le droit à la vie privée en ligne. Les Nations unies ont réaffirmé dès 2013 que ce droit vaut en ligne comme hors ligne. Plus de 130 pays disposent aujourd'hui d'une loi sur les données, et des milliards de personnes vivent encore là où aucune règle ne protège les leurs.
Les données du Sud, traitées ailleurs. Les informations produites par les habitants des pays en développement sont souvent stockées et exploitées sur d'autres continents, selon des règles qu'aucun de leurs parlements n'a votées. Le relevé bancaire d'un commerçant de Kaolack peut ainsi reposer sur un serveur de Virginie, sous une loi dont il ignore jusqu'à l'existence. Les services publics et la sécurité d'un pays dépendent de ces mêmes données, et il cesse de les maîtriser quand elles sont traitées hors de ses frontières.
Des règles communes plutôt qu'une mosaïque. Quand chaque région écrit sa loi, les entreprises choisissent la plus faible. Une convergence mondiale sur les principes, à commencer par le consentement et le droit d'accès, protégerait chacun sans figer l'innovation.
Le Pacte numérique mondial. La loi sur les données appartient aux parlements, mais le Pacte donne au Secrétaire général une enceinte où rapprocher les règles nationales. La résolution de 2013 lui fournit le fondement pour affirmer devant chaque gouvernement et chaque entreprise que la vie privée est un droit de la personne, où qu'elle vive. La convergence se mesurera au suivi du Pacte, qui revient devant l'Assemblée générale à échéance régulière.
Une convergence à négocier. Rapprocher des lois nationales demande l'expérience de la négociation, celle de douze années à la tête d'un État et de la présidence de l'Union africaine en 2022. La même expérience explique pourquoi la vision déposée auprès des Nations unies formule ses propositions comme des obligations : une paix, une sécurité et un développement pensés ensemble ; un multilatéralisme renouvelé ; une gouvernance de l'Organisation renforcée.
L'Afrique au cœur, le monde en ligne de mire.
La résolution de 2013 de l'Assemblée générale sur le droit à la vie privée à l'ère du numérique et le Pacte numérique mondial sont publics. Retrouvez l'ensemble des prises de position sur www.mackysall.net
