Entre l'étape d'Islamabad, vendredi, et la poursuite de sa tournée internationale, le Président Macky Sall a accompli samedi 11 juillet la Oumra à La Mecque. Un moment de recueillement, partagé avec le Président gambien Adama Barrow et l'ancien Président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, largement relayé par la presse sénégalaise. Pas de programme officiel : une parenthèse spirituelle au milieu d'un calendrier diplomatique dense.

Cette image dit quelque chose du pays d'où vient le candidat au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Le Sénégal, dont la population est musulmane à environ 95 %, est régulièrement cité en exemple pour sa concorde religieuse. Son premier Président, Léopold Sédar Senghor, était catholique ; il a dirigé le pays pendant vingt ans, réélu par un électorat très majoritairement musulman. Les familles y mêlent souvent les deux confessions, l'État accompagne le pèlerinage à La Mecque comme les pèlerinages chrétiens, et les fêtes des deux calendriers rythment la vie publique. Ce dialogue religieux vécu au quotidien n'est pas un slogan : c'est une école. Le Président Macky Sall en est un héritier.

Ce socle s'est prolongé dans les enceintes internationales. Le Sénégal est membre fondateur de l'Organisation de la coopération islamique, qui rassemble 57 États sur quatre continents, et Dakar a accueilli deux sommets de l'Organisation, en 1991 et en 2008. En août 2012, quelques mois après son accession à la présidence, le Président Macky Sall s'exprimait à la tribune du 4e sommet extraordinaire de l'OCI, à La Mecque déjà : le Sénégal assurait alors la présidence en exercice du Sommet islamique, héritée du sommet de Dakar, et il y portait les dossiers du moment, la crise au Mali en premier lieu. En mai 2019, il participait au 14e Sommet islamique ordinaire, dans la même ville. En novembre 2023, il prenait part au premier sommet Arabie saoudite-Afrique de Riyad, où un entretien avec le prince héritier Mohammed ben Salmane passait en revue la coopération entre Dakar et Riyad.

À Manama, quelques jours plus tôt, ses échanges avec le chef de la diplomatie bahreïnienne avaient déjà touché au dialogue des civilisations. C'est la même conviction, portée à l'échelle du monde : les grands défis ne se règlent pas entre quelques capitales, ils exigent d'écouter toutes les cultures et tous les États membres. Le profil de facilitateur et de bâtisseur de ponts que le candidat décrit dans sa vision officielle vient de là.

La tournée, elle, continue. Les consultations privées du Conseil de sécurité sont ouvertes depuis le 30 juin et les premiers votes indicatifs sont attendus dans la dernière semaine de juillet. En treize jours, le candidat a relié Beijing, Athènes, New York, Manama et Islamabad, avant cette escale à La Mecque.

Le texte intégral de la vision est disponible sur www.mackysall.net.