La candidature du Président Macky Sall au Secrétariat général de l'ONU prend au sérieux la question des règles de l'intelligence artificielle. La technologie progresse plus vite que les lois censées l'encadrer, et le vide se comble de lui-même, au profit de ceux qui la produisent.
Une technologie sans frontières, des règles éparses. L'intelligence artificielle ignore les frontières, quand sa gouvernance reste morcelée : chaque bloc avance ses normes, aucune ne s'impose à tous. Un modèle entraîné sur un continent décide dans un autre, sans qu'une règle commune le suive. L'écart entre la vitesse de la technique et la lenteur du droit forme le vrai risque.
Un cadre commun, décidé ensemble. En septembre 2024, les États ont adopté aux Nations unies un Pacte numérique mondial, première tentative d'un cadre partagé pour le numérique et l'intelligence artificielle. Le travail commence à peine. Le Secrétaire général ne code pas les modèles, mais il dispose d'une capacité rare, celle de réunir les États autour d'une même table avant que les faits accomplis ne tiennent lieu de loi.
Éviter un monde à deux vitesses. Les règles de l'intelligence artificielle ne peuvent pas se décider entre quelques capitales et quelques entreprises. Un cadre écrit sans la majorité des pays produirait une gouvernance que la majorité n'appliquerait pas. La voix des pays qui subissent la technologie sans la produire pèse autant que celle des laboratoires.
Ce que le Secrétariat peut porter. Le Secrétaire général peut inscrire l'intelligence artificielle à l'ordre du jour de la paix et du développement, appuyer l'organe scientifique consultatif que les Nations unies ont commencé à esquisser, et rappeler que la confiance dans une technologie se gagne sur des règles vérifiables, non sur des promesses d'autorégulation.
Une expérience de la négociation multilatérale. Douze années à la tête d'un État et la présidence de l'Union africaine en 2022 fondent ces engagements. Cette expérience explique pourquoi la vision déposée auprès des Nations Unies formule ses propositions comme des obligations : une paix, une sécurité et un développement pensés ensemble ; un multilatéralisme renouvelé ; une gouvernance de l'Organisation renforcée.
L'Afrique au cœur, le monde en ligne de mire.
Le Pacte numérique mondial et le rapport « Gouverner l'IA pour l'humanité » sont publics. Retrouvez l'ensemble des prises de position sur www.mackysall.net