En septembre 2024, les États ont adopté aux Nations unies un Pacte numérique mondial, première tentative d'un cadre partagé pour le numérique et l'intelligence artificielle. Candidat au Secrétariat général de l'ONU, le Président Macky Sall prend au sérieux la question des règles de cette technologie. Elle progresse plus vite que les lois censées l'encadrer, et le vide se comble de lui-même, au profit de ceux qui la produisent.
Des normes éparses pour une technologie sans frontières. L'intelligence artificielle ignore les frontières, et sa gouvernance reste morcelée entre des blocs qui avancent chacun leurs normes, sans qu'aucune s'impose à tous. Un modèle entraîné sur un continent décide dans un autre, sans qu'une règle commune le suive. Le risque naît de l'écart entre la vitesse de la technique et la lenteur du droit.
Un cadre commun à construire. Le travail ouvert par le Pacte de 2024 commence à peine. Pour le poursuivre, le Secrétaire général dispose d'une capacité rare : réunir les États autour d'une même table avant que les faits accomplis ne tiennent lieu de loi.
Le constat du rapport de 2024. Le rapport de l'organe consultatif de haut niveau de l'ONU, « Gouverner l'IA pour l'humanité » (2024), a constaté qu'aucune instance mondiale ne régit encore une technologie plus rapide que les États censés l'encadrer. Il relève aussi que les données et la puissance de calcul restent concentrées dans une poignée de pays.
La majorité des pays à la table. Les règles de l'intelligence artificielle ne peuvent pas se décider entre quelques capitales et quelques entreprises : un cadre écrit sans la majorité des pays produirait une gouvernance que la majorité n'appliquerait pas. La voix des pays qui subissent la technologie sans la produire pèse donc autant que celle des laboratoires.
L'intelligence artificielle à l'ordre du jour de la paix. Le Secrétaire général peut inscrire l'intelligence artificielle à l'ordre du jour de la paix et du développement et appuyer l'organe scientifique consultatif que les Nations unies ont commencé à esquisser. Il peut aussi rappeler que la confiance dans une technologie se gagne sur des règles vérifiables plutôt que sur des promesses d'autorégulation.
La négociation multilatérale et la vision pour l'ONU. Réunir les États autour d'une même table demande l'expérience que donnent douze années à la tête d'un État et la présidence de l'Union africaine en 2022. Cette expérience explique pourquoi la vision déposée auprès des Nations unies formule ses propositions comme des obligations : la paix et la sécurité pensées avec le développement ; un multilatéralisme renouvelé ; une gouvernance de l'Organisation renforcée.
L'Afrique au cœur, le monde en ligne de mire.
Le Pacte numérique mondial et le rapport « Gouverner l'IA pour l'humanité » sont publics. Retrouvez l'ensemble des prises de position sur www.mackysall.net
